Emerson met le paquet sur les services

Le spécialiste des automatismes a mis en place une nouvelle organisation de son activité de services en France. Son objectif : réduire le plus possible le TCO des équipements

En France, tous systèmes confondus, Emerson a installé environ 12 millions de systèmes d’entraînement, dont 25% de Leroy Somer. Mais sa dernière nouveauté, c’est sur le front des services que la filiale française du groupe américain l’a développée, avec des outils et une organisation inédits destinés à optimiser le Total Cost of Ownership (TCO), coût total d’acquisition des produits, première priorité des industriels dans leurs démarches d’équipement.

Des points de contrôle

Ce fameux TCO est la somme du coût d’achat, du coût de fonctionnement, du coût des arrêts de production et du coût de recyclage. « Nous voulons proposer un service expert à chaque étape de la vie d’un entraînement », explique Eric Moreau, directeur des filiales de service de Leroy Somer. Cela passe par une assistance efficace dans le choix des équipements, mais aussi lors de leur arrivée sur site. « Dans l’optimisation du TCO, la phase d’installation est essentielle. Nous avons défini des opérations à réaliser, en leur associant des points essentiels de contrôle pour réduire les pannes aléatoires », commente Eric Moreau. Pour un moteur, ce sont ainsi 50 points de contrôle sur lesquels Emerson Leroy Somer préconise de s’attarder. Ces points couvrent l’environnement, les conditions de montage, les modifications statiques et dynamiques… Toutes ces préconisations sont regroupées dans un catalogue services édité par le fabricant. Le TCO dépend aussi de la maintenance. Notamment, « des équipements mal entretenus génèrent des surconsommations », déclare le directeur des filiales service. Dans ce domaine, Leroy Somer a décidé d’adopter une approche exhaustive pour anticiper les dysfonctionnements, avec l’emploi de contrôles avancés : vibrations, thermographie, électriques… et avec une organisation unique. « Le but de l’organisation des services est de suivre les paramètres définis lors de la mise en service pendant toute la durée de vie de l’équipement, soit sur 10 à 15 ans. Afin d’assurer la proximité, nous avons sélectionné 50 centres d’expertise en France, baptisés « centres services premium ». Un tiers sont des filiales de Leroy Somer, et deux tiers des indépendants », annonce Alain Bondoux, directeur commercial service et distribution. Pour gagner ce titre, ces centres ont dû répondre à un cahier des charges strict portant sur l’audit, la mise en service et la maintenance. Lorsque cela était nécessaire Leroy Somer les a soutenus financièrement pour qu’ils montent en compétences et le fabricant d’équipements contrôlera régulièrement leurs performances par le biais d’audits.
Ces centres sont aussi chargés de suivre une démarche d’audit et de conseil pour moderniser les équipements et en améliorer l’efficacité énergétique. Dans ce domaine, « nous inscrivons l’économie d’énergie dans une démarche plus globale de gestion d’obsolescence des produits », insiste Alain Bondoux.

Bientôt à l’étranger

Pour le Français, la réduction des coûts passe également par l’optimisation de l’organisation de la disponibilité des produits. Parallèlement, Leroy Somer a mis en place un service de « hotline », une plateforme technique disponible 24h/24. A chaque instant, « une centaine d’experts est en astreinte pour répondre aux questions des clients, note Alain Bondoux. En fonction de la demande, on traite, on redirige et on vérifie que la demande a été traitée ».

Cette nouvelle offre a été lancée officiellement le 30 septembre dernier. Elle porte déjà ses fruits. « Nous avons beaucoup de demandes d’industriels comme des ventilatoristes qui ne proposent pas ce genre de services. Ils s’appuient alors sur nous pour mettre en place des services qu’ils n’ont pas », explique Eric Moreau. Et elle devrait bientôt dépasser les frontières de l’Hexagone. « C’est effectif en France et nous allons le dupliquer à l’étranger », assurent les directeurs.