Les objets connectés industriels ont leur plateforme

A Rousset, le CNRFID a inauguré cet été Connectwave, la première plateforme d’expérimentation et d’usages dédiée à la compréhension des objets connectés et du sans contact. Un lieu de découverte centré sur les usages plus que sur la technologie.

 

L e CNRFID nous l’avait promis l’an dernier lors de son congrès annuel à Marseille. La plateforme dédiée aux objets connectés industriels est désormais réalité, dans la petite ville de Rousset (Bouchesdu-Rhône), entre Aix-en Provence et Marseille. Connectwave, c’est son nom, est « un espace dédié aux applications de la NFC hors paiement, et plus largement aux objets connectés industriels », explique Jean-Christophe Lecosse, directeur général du CNRFID. Dans un environnement très « hightech » et une ambiance bleutée, cet endroit d’un genre nouveau monté avec un appui important des villes de Rousset et Aix-enProvence, n’est ni un showroom, ni un laboratoire, ni un magasin. Il présente, sur des « totems », des applications industrielles de la technologie sans contact NFC (Near Field Communication) – pas forcément des nouveautés inédites mais plutôt des applications typiques qui permettent de découvrir les potentialités de ces technologies - d’une manière inhabituelle : « Nous avons volontairement gommé l'aspect techno et scénarisé ces objets pour nous concentrer sur les usages » commente Jean-Christophe Lecosse. A chaque fois, la présentation suit un canevas standard explicitant l’application en ellemême, ses avantages et les évolutions et transpositions possibles dans d’autres domaines.

Accompagner les entreprises

Le but du CNRFID avec cette plateforme ? En mettant en exergue les véritables valeurs industrielles des objets connectés, « elle a pour vocation d’être un espace de convergence permettant de découvrir, d’échanger, de construire sa réflexion et de concré- tiser un projet dans ce domaine », déclare le directeur général du CNRFID. L’idée est ainsi qu’en découvrant les possibilités de la technologie sur un exemple plus ou moins proche de son domaine, un industriel ait le déclic qui lui fasse penser à l’intérêt du NFC pour son métier. En complément de la salle de démonstration, le lieu propose les équipements nécessaires (salle de réunion, vidéoconférence…) pour aider les industriels à se lancer dans une application NFC.

Parmi les applications présentées, on retiendra notamment le suivi des outillages grâce à des tags fixés sur les outils et une armoire de rangement capable de les lire à tout instant; le e-kanban, qui emploie deux tags associés pour lancer automatiquement les ordres de réapprovisionnement des lignes de fabrication lorsque les bacs sont vides (l’application est en test pilote chez un grand acteur de l’automobile); le suivi de température des produits pharmaceutiques avec un bac dans lequel une puce NFC noyée dans la masse permet de lire, directement avec son smartphone, la courbe des températures subies par le produit pendant le transport, sans ouvrir le colis; les tableaux électriques connectés sur lesquels les modules dotés d’écrans et de boutons sont remplacés par des petits modules sans interface dont le paramétrage est assuré via un mobile ou une tablette, ou enfin le compteur de gaz « Gazpar » et son module NFC qui se fixe sur un compteur classique pour permettre le télé-relevé. Entre autres…

Une référence nationale

Connectwave se veut vivant. « Les démonstrations seront renouvelées tous les six mois », annonce Claude Tételin, directeur technique du CNRFID. Le concept est aussi itiné- rant. En effet, chaque « totem » de présentation pourra être déplacé pour être présenté dans un événement ou un salon professionnel en lien avec sa thématique. Première sortie : un espace dédié aux usages du NFC dans le monde industriel au sein du salon Trustech (ex-Cartes), avec qui le CNRFID a passé un accord.

Avec cette plateforme surtout, huit ans après sa création, le CNRFID marque une étape de plus dans l’élargissement de son périmètre aux applications NFC hors paiement et aux objets connectés industriels, initié il y a deux ans. Un bon moyen d’aller chercher de nouveaux membres afin d’atteindre son objectif d’autonomie financière à moyen terme (même si l’Etat vient de renouveler son soutien financier au centre pour les trois ans qui viennent) et de s’imposer dans ce domaine au niveau international. Le gouvernement semble y croire puisque le groupe de travail sur lequel le CNRFID est adossé est référent national sur les objets connectés, dans le cadre du plan « Industrie du Futur ».