La Traçabilité élargit ses applications

 Aujourd’hui, et encore plus dans les années à venir, la production, et donc tous les automatismes liés à cette dernière, sera directement liée aux aspirations des clients finaux. Qu’ils demandent des produits rouges et ils devront être rouges.

Mais, il devient parfois difficile de s’y retrouver dans ce monde de l’informatique. Si les informaticiens, abonnés à 01 Informatique arrivent à suivre, ce n’est pas forcément le cas de toutes les PME, et encore moins des techniciens et automaticiens de tout poil.

Ce rendez-vous sur la traçabilité est un bon moyen de remettre certaines pendules à l’heure, d’autant plus que pour la première fois, le rendez-vous s’est élargi avec l’arrivée du salon Progilog apportant dans sa " besace " les ERP, MES, WMS et autres sigles.

 

Une traçabilité dynamique

La mission de la traçabilité est devenue stratégique. Elle se définissait comme un processus permettant d’accéder à l’historique d’un produit ou d’un service, de sa conception à sa fin de vie. Les mots " processus de traçabilité " indiquent bien qu’il s’agissait surtout d’employer une méthode et des outils installés dans la durée. Une fois appliquée, la traçabilité était assurée.

Aujourd’hui, cette définition n’est plus suffisante. La traçabilité n’est plus seulement liée à la recherche de productivité ou à la sécurité alimentaire par exemple, elle devient un véritable outil au service de la stratégie de l’entreprise. Elle intervient dans la gestion même de l’innovation. Un " système de traçabilité " qui s’implante doit s’adapter, en temps réel, aux mouvements permanents de l’entreprise.

Une évolution de la traçabilité confirmée par Pierre Georget, Directeur Général de GS1France : " La grande tendance qui se dessine depuis deux ou trois ans en matière de traçabilité, c’est indéniablement sa montée en puissance vers la logistique amont. La traçabilité a été une priorité pour les entreprises de l’aval, entre l’industriel, celui qui va conditionner les produits à destination de la vente aux consommateurs et ses interlocuteurs de la distribution. A présent, nous assistons à un développement de la traçabilité de la part des industriels fabricants dans les processus amont : approvisionnement de matières premières, matières semi-finies et emballage ".

Un mouvement plutôt bien suivi en France, grâce à l’importance de son industrie alimentaire, que ce soit chez Nestlé ou Danone, les processus ont été mis en place entre la fabrication et l’intégration de leur emballage dans le produit fini.

Mais certains vont plus loin à l’image de Christian Kovacik, Directeur Général de KBS, pour qui : " aujourd’hui le métier de la traçabilité est orienté, sans doute pour des raisons économiques… vers les ERP, le RFID et le code-barres. Ces systèmes sont orientés traçabilité passive, c’est-à-dire qu’ils conviennent exclusivement à des fonctions d’identification, et la plupart du temps, en gestion de type a posteriori ".

Son offre, KBS l’a basée sur la fourniture d’un concept global de traçabilité dynamique en temps réel. Il démarre à la prise de l’information sur l’élément à tracer et se termine par la mise à disposition de cette information et à la hiérarchisation des différents niveaux d’alerte qui peuvent en découler. De quoi prendre en compte les principes de maintenance prédictive ou préventive.

 

 

Petits rappels de définitions à l’usage de ceux qui s’y perdent

SCM ?

On appelle SCM (Supply Chain Management, ou en français GCL, gestion de la chaîne logistique) les outils et méthodes visant à améliorer et automatiser l’approvisionnement en réduisant les stocks et les délais de livraison. On parle ainsi de travail en " flux tendu " pour caractériser la limitation au minimum des stocks dans toute la chaîne de production.

Les outils de SCM s’appuient sur les informations de capacité de production présentes dans le système d’information de l’entreprise pour passer automatiquement des ordres de commandes.

Idéalement un outil de SCM permet de suivre le cheminement des pièces (on parle de traçabilité) entre les différents intervenants de la chaîne logistique.

 

SCE ?

La Supply Chain Execution s’occupe de l’exécution des tâches planifiées par le Supply Chain Management. C’est une chaîne de réponses physiques. Les informations sur les opérations réalisées remontent vers les outils de la Supply Chain, ce qui permet de corriger la planification en cas d’écart. Les modules de SCE assurent la gestion opérationnelle de la Supply Chain.

A la SCE sont associés différents logiciels d’exécution (approvisionnements, livraisons, production et transport) : les MES, WMS et TMS.

 

ERP ?

Les ERP (en anglais Enterprise Resource Planning), aussi appelés Progiciels de Gestion Intégrés (PGI), sont des applications dont le but est de coordonner l’ensemble des activités d’une entreprise (activités dites verticales telles que la production, l’approvisionnement ou bien horizontales comme le marketing, les forces de vente, la gestion des ressources humaines, etc.) autour d’un même système d’information.

Les Progiciels de Gestion Intégrés proposent généralement des outils de Groupware et de Workflow afin d’assurer la transversalité et la circulation de l’information entre les différents services de l’entreprise.

Le terme " ERP " provient du nom de la méthode MRP (Manufacturing Resource Planning) utilisée depuis les années 70 pour la gestion et la planification de la production industrielle.

 

MES ?

Le terme MES signifie Manufacturing Execution System. Son domaine d’application se situe entre le Contrôle-Commande et la Planification, avec les Progiciels de Gestion Industrielle (GPAO et ERP). Il se positionne en intermédiaire entre l’informatique de gestion et celle de la production. Le mot-clé du MES est Exécution. Ce n’est pas un simple lien entre l’ERP et le contrôle commande, car il assure l’exécution de la fabrication. Il intègre le process industriel au système d’information, permettant une visibilité totale de l’outil industriel.

 

WMS ?

WMS (Warehouse Management System), c’est la gestion de l’entrepôt, qui s’attache à optimiser les flux physiques en fonction des ressources de l’entrepôt. Le WMS permet de gérer les flux d’informations et les flux physiques, associés à la gestion même de l’entrepôt (réception marchandises, traçabilité, suivi des stocks, préparation de commande, répartition, inventaire, gestion du cross-docking, des emballages, de la qualité, des ressources en manutention…).

 

TMS ?

Le TMS (Transport Management System), c’est la gestion du transport. L’objet du TMS est de réduire les délais et les coûts de transport, en optimisant les circuits de distribution (choix des points de passage et des transporteurs par simulations, tournées, suivi des véhicules en temps réel, remplissage, moyens de transport disponibles…). Le TMS peut traiter les flux sur l’ensemble des réseaux : celui de l’entreprise, des partenaires et des prestataires, ce qui permet de planifier la totalité des flux physiques.

Sources : www.commentcamarche.fr et Semaine de la Tracabilité/Progilog

 

Vers l’Exécution

Comme le montrait le salon, la traçabilité fait appel à un nombre incalculable de solutions informatiques. Entre les solutions de Supply Chain Planning (SCP), de Supply Chain Execution (SCE) et les solutions de Supply Chain Event Management (SCEM), il y a de quoi s’y perdre. Surtout lorsque ces premières solutions se mettent en relation avec d’autres offres comme les ERP ou les MES.

Sous le terme (voir encadré) de Supply Chain Management on retrouve toute la gestion de la chaîne logistique comme les outils et méthodes visant à améliorer et automatiser l’approvisionnement. Ces outils s’appuient sur les informations de capacité de production présentes dans le système d’information de l’entreprise pour passer automatiquement des ordres de commandes comme les ERP (Enterprise Resource Planning). Aujourd’hui, ce sont les MES qui viennent également dialoguer. Le marché est-il en train de s’éclaircir ? C’est la question que l’on pourrait se poser.

Y a-t-il un élargissement, en largeur et en profondeur, du rôle du responsable de Supply Chain, notamment vers l’exécution ? Réponse de Michaël Lejard, Directeur Associé Agora Clubs, Coordinateur Agora des Directeurs Supply Chain. " Elargissement, oui. Dans l’univers industriel, dès qu’il y a " production de produits ", les Directeurs Supply Chain ont une fonction stratégique. Dès qu’il y a des stocks, nous sommes dans une logique de Directeur Supply Chain. Dès qu’il s’agit de gérer des flux physiques et plus ils sont importants, plus la fonction logistique va être importante d’un point de vue stratégique et opérationnel ".

Et ce marché de l’exécution est en pleine évolution confirme Mickaël Lejard " pour la première fois, les analystes prévoient une croissance plus importante de l’exécution logistique par rapport à la planification. Le cabinet AMR Research a constaté que les ventes de licences d’outils d’exécution avaient augmenté trois fois plus en Europe que les outils de planification ".

Et dans ce domaine de l’exécution, c’est le MES qui vient sur le devant de la scène. Sujet souvent présenté dans nos colonnes, et qui sur le salon faisait parler de lui. Pour Nicolas Stori, Responsable des Solutions Logiciels Courbon, " La traçabilité est avant tout la fonction qui tire tout ce domaine notamment dans le secteur agroalimentaire mais également dans le domaine pharmaceutique, l’industrie manufacturière type automobile. En effet, il y a une importante réglementation vis-à-vis de l’industrie agroalimentaire, et dans la pharmacie il y a un réel besoin d’être plus opérationnel, plus précis, plus performant. La traçabilité en pharmacie a toujours existé, mais il faut répondre à une réglementation qui évolue dans ses exigences, et soit on le fait manuellement, soit on s’informatise. Les entreprises qui souhaitent augmenter leurs performances vont évidemment choisir l’informatisation. Là, le MES va apporter beaucoup plus de services à l’entreprise ".

 

Importance accrue pour le MES

Et en dehors des " bisbilles " sur les fonctionnalités d’un système MES, pour Nicolas Stori " il faut surtout se demander pourquoi on fait de la traçabilité : est-ce simplement pour savoir si telle palette est expédiée à telle grande surface ou savoir comment ça s’est passé sur la machine n°3 de l’atelier 2 avec l’opérateur de l’équipe 1. Dans les deux cas, nous faisons de la traçabilité, mais il y aura une traçabilité fine qui va permettre aux gens de terrain de réagir sur un problème, un aléa, sur une non qualité ou une non conformité. Toutes les sociétés qui mettent en place un MES avaient mis en place un ERP il y a quelques années. Elles se rendent comptent que l’ERP répond à une problématique de gestion et en aucun cas à la partie atelier, exécution… Les sociétés, dans un souci d’optimisation, s’équipent donc d’un MES. Il s’agit de deux outils complémentaires ".

Une prise en compte de la partie Exécution reconnue par des spécialistes du WMS, comme Henri Seroux, Directeur de Manhattan, " La partie Exécution a, aujourd’hui, beaucoup plus d’importance pour les dirigeants de l’entreprise qu’auparavant. Ils se rendent compte qu’elle est d’abord une source de progrès dans la relation client. Ce n’est pas seulement un enjeu de coûts comme on l’a vu pendant trop longtemps, mais surtout un enjeu de qualité de services au client, par la rapidité et la qualité opérationnelle qu’elle donne à une organisation. C’est aussi un enjeu de développement. Aujourd’hui, les entreprises se développent vers l’Est ou se développent vers d’autres canaux de distribution. Elles doivent faire face à des complexités plus grandes. L’exécution est donc au cœur de ces enjeux. L’autre front, c’est aussi l’unification des différentes applications du domaine de l’exécution qui fonctionnaient avant les unes à côté des autres, créant quelques zones d’inefficacité : le transport et l’entreposage, la gestion du flux import et la distribution de ces produits lorsqu’ils arrivent sur les marchés de consommation ".

" Notre volonté est d’optimiser de manière transversale l’ensemble de ces processus et de donner à chacun des solutions qui discutent bien entre elles. Aujourd’hui, nous avons des clients qui considèrent comme essentiel de commencer à maîtriser leurs flux logistiques depuis les plates-formes ou les quais d’expédition de leurs fournisseurs et d’être capable de piloter la direction ou la rapidité d’arrivée des produits, à chaque étape de leur acheminement en amont. Vous pouvez faire fabriquer des produits indifférenciés dans une usine et, en fonction d’une demande à relativement court terme, décider de les orienter vers tel ou tel pays, telle ou telle plate-forme, tel ou tel client. Les gisements de stocks excessifs sur l’ensemble des Supply Chain de toutes les entreprises mondiales se chiffrent en centaines de milliards d’euros et, dans ce sens, nous avons encore du travail. C’est en cours ".

 

 

Le RFID, l’outil de demain

Impossible de passer dans les allées de l’exposition, sans trouver du RFID. A croire que demain, il sera partout. Quoique ! Des produits de consommation courante aux médicaments, des outils de bricolage aux appareils électroménagers, la grande majorité des produits commercialisés est étiquetée au moyen d’un code à barres. Mais ce dernier meurt une fois franchie la porte de sortie du magasin ou de l’usine. Ce n’est pas le cas des étiquettes RFID, ces héritières seront plus largement utilisées dans les années à venir. Un passage qui devrait se faire, selon les spécialistes, en douceur durant la dizaine d’années à venir.

Utilisée dès la seconde guerre mondiale par les militaires américains, la technologie RFID (Radio Frequency Identification) reste limitée dans les années 70 aux secteurs comme la sécurité des sites nucléaires. Sa première application dans le privé en Europe remonte aux années 80 pour l’identification du bétail. La miniaturisation du système par IBM, qui intègre la technologie dans une puce électronique, dans les années 90, accélère son développement. Tout le monde semble " attendre " la " véritable explosion " de la RFID et sa mise en œuvre dans la grande distribution, la production de masse des tags réduisant leurs coûts.

Mais les progrès sont rapides comme le rappelle Jean-Christophe Lecosse, Responsable veille technologie et responsable des projets RFID Geodis, " Le tag UHF a déjà, d’un point de vue technique, des conséquences considérables : on ne savait pas lire des tags à 4 ou 5 mètres il y a deux ans ! Un tag est à 10 centimes d’euros aujourd’hui, alors qu’ il y a deux ans il était à 40 centimes d’euros. Et les progrès continuent ".

Les recherches se poursuivent précise Bernard Jeanne Beylot, Consultant expert en Identification Automatique et RFID de Curitiba Conseil " Il y a des expérimentations en cours, sur l’utilisation de la RFID pour l’identification des palettes, de ses colis, et voire même sur l’identification unitaire du produit. L’onde radio est extrêmement sensible à la nature même du produit et de son emballage, mais aussi à la disposition des colis ou des produits sur la palette ".

" Un autre point intéressant révélé par ces nombreux tests, est la prise en compte des coûts importants des infrastructures nécessaires pour la lecture de ces puces RFID : tunnels de lecture, portiques de lecture, avec nombreuses antennes, lecteurs, connexion réseau… Ce qui représente des enveloppes de quelques milliers d’Euros dans des configurations simples et le plus souvent un poste de lecture avec un coût supérieur à une dizaine de milliers d’Euros. Dans le cas d’une plate-forme de distribution comportant plusieurs dizaines de quais de chargement, cela représente un investissement important ".

" Dans ce contexte, un autre axe intéressant de développement d’applications avec de la RFID, se dessine grâce aux puces actives (intégrant une batterie), qui coûtent plus cher (quelques dizaines d’Euros) que la puce passive mais que l’on va intégrer à vie sur une palette, un bac plastique, ou sur du matériel que l’on veut suivre ou tracer. Cette technologie RFID active, qui existe déjà depuis plusieurs années, présente ainsi plusieurs avantages. Tout d’abord la simplicité et le coût moindre de l’infrastructure avec des lecteurs très simples qui couvrent des zones beaucoup plus importantes.

D’autres fonctionnalités sont également possibles avec cette technologie active comme l’intégration de détecteurs de mouvements, de chocs, ou bien encore de capteurs de températures, et enfin la possibilité de géo-localiser en temps réel le produit identifié dans un entrepôt ou un camion ".

Petit bémol, les techniques vont peut-être trop vite pour les Français. " En Europe et en France, nous étions leaders depuis les années 90, grâce à des entreprises comme Gemplus Tag, Inside, ST Microelectronics, Philips, Tiris, qui ont beaucoup communiqué et travaillé sur les technologies RFID, principalement haute fréquence (13.56 Mhz).

Ensuite les Américains, dans les années 2000, ont découvert à leur tour la RFID et l’ont développé dans une logique américaine avec un certain succès… Pour eux, l’an 1 ou l’an zéro de la RFID, c’est à partir du moment où le MIT (Massachusetts Institute of Technology) a fait les spécifications de l’Electonic Product Code (Epc). Là on a pris un réel retard.

Nous étions leaders et aujourd’hui nous sommes très clairement dépassés par les Etats-Unis, et même par certains pays d’Europe, comme l’Allemagne qui va plus vite que nous dans l’intégration de la RFID. L’Angleterre également avec Mark & Spencer, qui a mis en œuvre des applications très performantes. C’est une des premières entreprises à avoir intégré la RFID sur les textiles avec des volumes conséquents de plusieurs dizaines de millions d’exemplaires. Ils sont en train de passer des commandes de millions d’étiquettes RFID ".

Dommage pour un marché dont les prévisions annoncent une progression de 20 % en 2007. Les projections du marché monde sont très variables selon les experts, mais devraient placer le montant à environ 21/22 milliards d’euros en 2015.

Les estimations du nombre de tags RFID aujourd’hui en circulation se situent entre 2 et 3 milliards d’unités, principalement apposés sur les palettes et colis. 6 à 7 milliards de tags devraient être en circulation en 2008, consacrés à l’étiquetage des produits.

 

Les ERP pour PME

Pendant ce temps-là le marché des ERP continue son chemin. Mais les temps changent. L’offre en solutions destinées aux grands groupes est quasi pléthorique, les principaux fournisseurs ne tarissant pas d’innovations. Le marché de l’ERP arrive aujourd’hui à saturation pour les grands comptes, les éditeurs se tournent vers les PME/PMI.

Ces dernières ont des besoins en gestion tout à fait similaires à ceux des grandes entreprises. Mais elles présentent quelques différences notables. En premier lieu, elles ne disposent pas du même volant financier qu’une grosse entreprise en termes d’investissements informatiques. D’autre part, le délai d’installation et la facilité d’utilisation sont aussi deux facteurs primordiaux dans le choix d’un prestataire.

Une vision partagée par Nicolas Mironneau, Directeur commercial Small and Medium Business d’Oracle, " aujourd’hui, les grandes entreprises n’ont plus que deux acteurs dans le monde de l’ERP, à savoir Oracle et SAP. A côté, il existe une galaxie de fournisseurs de moindre taille mais très spécialisés – le WMS, la logistique… Leur domaine de prédilection clients est celui des PME et des PMI, secteur où Oracle, SAP et Microsoft (nouvel entrant), sont aussi présents ".

" Aujourd’hui, nous arrivons à une certaine maturité des entreprises autour d’un projet ERP. Il y a quelques années, des entreprises se lançaient dans l’ERP sans regarder les impacts d’un tel projet sur leur organisation. Actuellement beaucoup d’entreprises en sont à leur deuxième génération d’ERP. Il est aussi de notre responsabilité, en tant qu’éditeur, d’alerter notre client sur la pertinence d’un projet ERP et/ou de son calendrier ".

Ce développement des ERP se canalise désormais sur des fonctions métiers plus pointues, sur une approche plus adaptée au marché des PME/PMI et sur l’intégration des services Web. C’est ce que l’on appelle la deuxième génération d’applications ERP.

Originellement, l’ERP est composé de plusieurs modules fonctionnels connectés à une base de données centrale gérant toutes les données opérationnelles de l’entreprise. Chaque module est paramétré aux besoins spécifiques de l’entreprise, y compris pour l’adaptation d’un pays à un autre. Il s’agit donc d’une organisation essentiellement verticale (orientée fonctions), où l’intégration, le partage permanent des données communes augmente la performance, la puissance et l’efficacité du système d’information.

Pour Thierry Ceyras, Directeur des Opérations et membre du Directoire de Qualiac, l’ERP commence à ressembler à une sorte de tarte à la crème. " Il faut reconnaître que c’est un mot qui ne veut plus dire grand-chose aujourd’hui. Pour moi, l’ERP se définit comme étant une partie du système d’information, avec plusieurs applicatifs qui communiquent entre eux. Quels avantages l’utilisateur peut-il en tirer : intégration facilitée, pas de soucis d’interface, partage des informations communes… L’éditeur peut se permettre d’effectuer un découpage technique de son produit comme il l’entend ; ce qui compte est que les fonctionnalités puissent répondre aux problématiques de l’utilisateur, qu’elles soient financières, ventes ou traçabilité… ".

" Dans l’avenir, je ne pense pas que de nouveaux acteurs viendront sur le terrain de l’ERP, quand on connaît le montant des investissements à engager. Il y aura sans doute quelques concentrations et des rachats. Sur le plus long terme, je pense que nous allons évoluer en convivialité avec les nouvelles générations d’interfaces et vers une plus grande connaissance des outils informatiques de la part des utilisateurs. Je pense que nous allons vers plus de rationalisation. Il n’y a pas si longtemps, il y avait énormément de reporting. Finalement, nos clients se sont aperçus que trop d’information tuait l’information. Ils demandent aujourd’hui d’aller à l’essentiel : il me faut 10 indicateurs pas plus et je piloterai mon activité avec ces 10 indicateurs, point barre ".

 

 

Quelques exemples parlant d’utilisation des RFID

• Les 10.000 arbres de Paris sont équipés de puces RFID. La puce est placée dans l’arbre et contient un numéro d’identification. En trois minutes, on peut identifier les arbres de moins de trois ans, ceux qu’il faut arroser, ceux qui ont été abattus, ceux qui ont été plantés, les arbres en mauvais état. D’autres villes, comme Strasbourg, ont démarré leur programme.

• Le Viagra est le médicament le plus contrefait au monde. Les laboratoires Pfizer ont investi dans la RFID pour " tracer " chaque flacon, de leur sortie d’usine au pharmacien. Le laboratoire perd chaque année plusieurs dizaines de millions de dollars à cause de la contrefaçon. Avec l’étiquette, on peut savoir si un médicament est authentique.

• Au Portugal, la loi prévoit qu’en 2007, les chiens devront porter une puce RFID (sous la peau) permettant de les identifier.

• Au-delà de la grande distribution et de l’industrie, l’univers de la logistique se convertit à la RFID. En France, Airbus procède à l’étiquetage de ses pièces d’avion avec des puces RFID. Royal Mail, la poste britannique, a débloqué près de 3 millions d’euros pour avoir une vue en temps réel du processus de distribution postale.

• Citons également le cas d’une vingtaine de familles danoises qui ont reçu un panier ménager dont les aliments sont tous dotés de puces RFID. Le projet (l’alimentation utile du futur), est initié par le ministère des sciences et technologies. Les producteurs peuvent avoir la traçabilité de leurs produits et les consommateurs sont prévenus des dates de péremption des produits frais et des risques d’allergies…

• Une école japonaise a équipé des enfants de puces RFID glissés dans les cartables ou les vêtements, pour suivre les élèves dans l’établissement.

 

Architecture Orientée Services, nouvel Eldorado ?

Si les termes d’ERP ou de Supply Chain sont bien connus, si le MES est en phase de percée, il reste un nouveau mot qui intéresse de plus en plus de monde, et qui avait largement sa place lors de cette Semaine sur la traçabilité, c’est le SOA, pour Architecture Orientée Services. Selon le Radicati Group, si le marché mondial des Web Services atteignait 950 millions de dollars en 2004, il devrait atteindre 6,2 milliards de dollars en 2008. Pour le Gartner Group, 60 % des entreprises opéreront leurs applications métiers par le biais d’une architecture SOA à la même période. Ces quelques chiffres soulignent bien l’avenir radieux que les analystes prédisent pour le concept développé par le Gartner Group dans les années 1990 et qui a connu son vrai premier développement au début des années 2000. L’offre a longtemps été portée par les acteurs traditionnels de l’EAI, mais les fournisseurs de progiciels de gestion intégrés (ERP), conscients du potentiel renfermé dans ces nouveaux produits appartenant au domaine middleware, se sont aussi lancés très tôt.

Si le SOA semble porteur d’avenir, c’est qu’il est à même de répondre à certaines problématiques. Le système d’information d’une entreprise est constitué d’applications et de données : c’est ce qui est communément appelé l’héritage. Les mouvements de fusions et d’acquisitions dans l’économie n’ont pas fait que regrouper les sociétés ; ils ont aussi regroupé les héritages de ces diverses entreprises. Du coup, l’héritage de la nouvelle entité peut souffrir d’hétérogénéité et tend à se spécialiser par métier, selon le service par exemple : le décideur peine alors à avoir une vision globale de son système d’information. L’intégration des applications de l’entreprise permet de faire communiquer entre eux ces différents héritages spécialisés (aussi appelés silos). Ce qui permet de développer une architecture logicielle globale intégrant les différents services.

Ainsi, le SOA s’appuie en premier lieu, sur un ensemble de services simples. C’est une nouvelle manière d’intégrer et de manipuler les différentes briques et composants applicatifs d’un système informatique et de gérer les liens qu’ils entretiennent, et cela à tous les niveaux de l’entreprise : gestion de la relation client, production, comptabilité… Lorsque l’architecture SOA s’appuie sur des web services, on parle alors de WSOA, pour Web Services Oriented Architecture. Contrairement à une architecture orientée objet où, par nature, les données manipulées sont associées au mode de traitement appliqué (le langage Java avec ses classes et ses méthodes en sont un parfait exemple), l’architecture de SOA dissocie ces deux éléments. C’est ce qui amène à la notion de " service ". Le but de ce dernier est de fournir un résultat particulier, selon les informations qu’il aura reçues d’un tiers.

 

Le squelette de SOA

Quelques principes généraux constituent le " squelette " d’une architecture orientée services : en premier lieu, la notion de service qui est une fonction encapsulée dans un composant interrogeable par une requête, la description des paramètres d’entrée du service et le format et le type des données retournées, la publication, qui consiste à créer un registre des services disponibles aux utilisateurs, la découverte afin de rechercher un service parmi ceux qui ont été publiés et enfin, l’invocation qui est en fait la connexion et l’interaction du client avec le service.

Le principal avantage d’une approche SOA est d’offrir une standardisation qui peut grandement contribuer à améliorer la rapidité ainsi que la productivité. Il est tout à fait possible de remplacer un service par un autre : un beau gage de modularité. De plus, contrairement à un système qui aurait été fait sur mesure, les composants du SOA sont réutilisables. Lorsqu’un composant est exprimé en Web Service, outre le fait que diverses applications peuvent facilement l’utiliser, une fois publié, il s’intègre au système informatique sans qu’il soit nécessaire de créer un connecteur spécifique pour chaque cas rencontré. Il est tout aussi possible de mettre en place des annuaires de Web Services comportant le vade mecum de l’utilisation de ceux-ci (adresses, conditions d’utilisation, droits d’accès...). On évolue là dans le domaine de la fourniture de services, pour des applicatifs clients, qu’ils soient internes ou externes. Cette souplesse autorise du coup l’ajout de services supplémentaires ou encore de faire évoluer un service existant. Quant à la maintenance, on aura compris qu’elle est aussi facilitée par la formule.

Ainsi exprimée, la SOA semble parer de toutes les vertus. Seulement, il existe encore des obstacles à une véritable explosion sur le marché. Techniquement, il existe toujours d’anciens systèmes qui ne sont que difficilement compatibles avec les Web Services et de plus, l’usage de langages complémentaires, pour la gestion des transactions ou la sécurité, a toujours cours car les standards des Web Services ne sont pas encore généralisés. Cela bride singulièrement les capacités fonctionnelles du système. De plus, il manque encore de méthodes de déploiement de l’architecture orientée services. De ce point de vue, c’est le retour d’expériences qui permettra d’améliorer la situation

Une confirmation d’Oracle qui par la voix de Nicolas Mitonneau, Directeur commercial Small and Medium Business, précise que " nous sommes à l’aube d’une nouvelle révolution technologique : la SOA, l’architecture orientée service. Jusqu’alors les logiciels étaient tous conçus de façon différente. Il s’agit de réaliser des sortes de " briques standards " interchangeables, qui permettent de s’interfacer les unes avec les autres. Il s’agit d’une mutation de fond, qui va très profondément dans l’architecture des progiciels. Il faudra pratiquement repartir de zéro et sur ce terrain, seuls, les fournisseurs de référence, comme Oracle, SAP, ou Microsoft, seront à même de développer et de proposer de tels produits. A termes, il n’y aura plus que des acteurs " SOA ".

Et lorsqu’on l’on met en doute le potentiel du SOA, il confirme que " le marché est bien là et les réponses aussi. Les entreprises, à la recherche perpétuelle d’économies, viendront à exiger cette solution : On pourra jongler, en différé, avec des " briques " communiquant avec les autres. Cela générera d’importantes baisses de coûts. Tout le monde y est sensible. Oracle met en avant la solution JD Edwards, un produit " SOA enabled ". Il a été développé dès 1996. A l’origine, il était orienté client/serveur puis il a suivi la mutation des technologies : la mutation web en 2001, le SOA en 2006 ".