Vision 2016, l’industrie voit mieux et plus grand en 2D et en 3D

Pendant trois jours, du 8 au 10 novembre prochain le Parc des expositions de la ville de Stuttgart accueillera le plus grand salon européen consacré à la vision industrielle. Quelque 400 exposants seront fidèles à ce rendez vous qui ne cesse de se développer au fil de ses éditions.


Secteur technologique en plein développement, les principaux acteurs de la vision industrielle se réunissent tous les deux ans à Stuttgart en Allemagne. Ce marché connaît une progression lente mais constante qui devrait nettement s’accélérer avec l’effort de modernisation des équipements de production qui apparaît un peu partout en Europe et dans le monde sous la poussée de la quatrième révolution industrielle. En effet, l'utilisation de systèmes de vision industrielle est indispensable pour produire de manière entièrement automatisée en s’appuyant sur les réseaux numériques.

Qu’il s’agisse de s’assurer de la conformité du positionnement des pièces sur une ligne d’assemblage, de vérifier la précision d’un montage, de trier des objets ou de vérifier la complétude d’un packaging voire encore, d’effectuer des mesures de haute précision en 3D ou de contrôler un état de surface, les caméras et les capteurs travaillant en lumière visible ou dans le domaine de l’infrarouge, occupent une place de choix dans l’usine connectée.

Ces équipements profitent à plein du développement de l’Ethernet industriel et surtout, de l’accroissement de la bande passante que permettent les réseaux de communication déterministes. En tant que capteurs intelligents, ils s’apprêtent aussi à jouer un rôle déterminant dans l’Internet industriel des objets (IIoT). Capables de délivrer près d’une centaine d’images en haute définition, les caméras industrielles les plus performantes peuvent effectuer différents contrôles à une vitesse qui permet de certifier jusqu’à une centaine de pièces par minute ; des performances avec lesquelles aucun humain n’est en mesure de rivaliser. Partant, les gains de productivité qu’il est possible d’atteindre avec un système de vision industrielle adapté sont à tout le moins, très substantiels.

La vision embarquée au coeur de l’édition 2016

Si les améliorations en matière de résolution, de vitesse d’acquisition des images et d’accroissement des débits sur les réseaux sont bien réels, c’est du côté de l’intelligence informatique dans le traitement des informations que sont attendues les avancées les plus significatives pour l’avenir du secteur de la vision numérique.

A ce titre, les véhicules autonomes constituent un champ d’expérimentation extrêmement porteur. En effet, les systèmes dotés d’autonomie doivent évaluer leur environnement en continu au moyen de capteurs embarqués, afin de prendre des décisions pertinentes au regard de leur mission. Dans le cas de véhicules dits intelligents, l’attention du système porte à la fois sur des objets normalisés comme la signalisation routière verticale ou horizontale et sur des objets nombreux et variés difficilement modélisables comme les piétons, les cyclistes, les autres véhicules, les animaux ainsi que des obstacles présents sur la chaussée.

Si les développements effectués pour répondre à une demande de l’industrie tendent à se conformer à une démarche formelle, la variété des situations à prendre en compte dans le cadre des véhicules autonomes oblige à explorer d’autres pistes technologiques comme l’intelligence artificielle pour arriver à un système autoapprenant. Conçus pour un marché qui promet des volumes importants (chariots, véhicules de livraison de proximité, transports de personnes mutualisés, voitures autonomes, etc.), les systèmes de vision embarquée profiteront par extension à la production industrielle grâce à des équipements qui permettront non seulement de contrôler la qualité d’un assemblage mais seront en plus capables de prendre la meilleure décision…

Des exposants fidèles mais aussi de nouveaux arrivants

Silicon Software, expose depuis les débuts du salon Vision en 1997 comme l’explique Michael Noffz, directeur du marketing de cet éditeur de logiciel : « c’est pour nous le salon mondial de références pour notre secteur. Des produits qui avant ne sortaient pas des centres de recherche arrivent aujourd’hui sur le marché. » Ce sentiment est partagé chez Stemmer Imaging par la voix de Peter Stiefenhöfer, responsable marketing et communication qui rappelle que son entreprise est elle aussi présente depuis le commencement : « nous observons très clairement que la vision industrielle est de plus en plus conviviale, ce qui permet à des utilisateurs peu expérimentés de mettre les systèmes en service ou de les adapter à de nouvelles applications. »

D’autres entreprises qui possèdent une forte expérience de la vision industrielle seront présentes parmi lesquelles on peut citer : Allied Vision, Basler, Baumer, Cognex, Edmund Optics, IDS, Keyence, MVTec, Opto Engineering, ProPhotonix, Sensopart ou encore Sick.

Au côté de ces habitués, figureront quelques nouveaux et pas des moindres. Le groupe IFM Electronic qui a massivement investi dans la vision ces dernières années sera lui aussi de la partie avec son partenaire PMDTechnologies. Parallèlement aux caméras 2D et 3D incluant jusqu’aux accessoires d’éclairage à LED, IFM montrera des systèmes de détection complet et fonctionnel pour la détection, l’analyse critique ou décisionnelle. Pour IFM Electronic, ce sont les caméras 3D qui recouvrent le plus large champ d’application puisqu’elles permettent en les combinant de créer de véritables scanners 3D. Pourtant, ces équipements restent aussi simples à utiliser qu’un banal capteur grâce notamment, au logiciel embarqué.

Di-Soric fera aussi le déplacement à Stuttgart autant pour ses qualités en tant que constructeurs d’équipements que pour démontrer ses capacités dans l’élaboration de systèmes de vision industrielle complets pouvant directement être pris en charge par les clients. Certaines de ces solutions telles que Machine Vision 4.0 et ID Hammer ont déjà été primées pour leur caractère novateur. On peut notamment rappeler que la solution Machine Vision 4.0 s’intègre par exemple, dans le portail applicatif TIA de Siemens.

Le groupe Bosch fait lui aussi son entrée. L’entreprise fondée par Robert Bosch au 19ème siècle, viendra présenter des solutions de vision industrielle orientée réseaux et Industrie 4.0 qu’elle utilise déjà à son propre bénéfice dans les usines du groupe. C’est notamment le département Systèmes d’assemblage et Machines spéciales qui sera présent à Stuttgart. Bosch présentera l’un de ses trois équipements APAS et des systèmes collaboratifs d'assistance aux tests.

Ce système d’inspection qui prend la forme d’un chariot mobile, dispose d’une caméra à haute vitesse capable de produire des images en 3D. L’unité de mesure qui peut être équipée de modules de test interchangeables peut être utilisée dans des contextes de production les plus divers pour par exemple, effectuer des inspections de surface de haute précision ou réaliser des tests de complétude en fin de chaîne de production.